Les profs de sport manquent à l’appel

Les syndicats profitent d’une lettre du principal du collège Jules-Verne, à Angoulême, pour réagir à la fonte des effectifs.

Pour Guy Delienne, rien d’extraordinaire : « Lors de précédentes affectations, j’avais déjà procédé de la sorte. » Le principal du collège Jules-Verne a écrit à l’ensemble des enseignants d’EPS (éducation physique et sportive) de la Charente pour leur demander dans quelle mesure l’un d’entre eux pourrait prendre en charge des heures de cours dans son établissement. Car, depuis la rentrée, par manque d’effectif, le collège ne peut assurer l’enseignement du sport pour deux classes de quatrième (52 élèves).

Ici, dans les rangs des enseignants, l’initiative de Guy Delienne a surpris : « Qu’un chef d’établissement soit contraint de jouer les sergents recruteurs en adressant un courrier aux enseignants du département, ça reste une démarche originale. D’autant qu’il ne s’agit pas là d’un établissement rural isolé, confronté à la problématique de la désertification démographique, mais bien d’un collège du Plateau d’Angoulême », témoigne Christophe Mauvillain.

Le secrétaire académique du Snep-FSU estime que l’action de Guy Delienne a valeur d’exemple. « Elle prouve que l’EPS est aujourd’hui une discipline déficitaire. Contrairement à ce que dit le rectorat, il manque 50 postes dans l’académie. Au 12 septembre, 31 enseignants précaires ont déjà été recrutés pour faire face à cette pénurie. Il en faudra certainement une centaine sur l’ensemble de l’année scolaire »…

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Carcassonne : Syndicat de l’enseignement : “Ce qu’on craignait est arrivé”

Une semaine après celle des élèves, le Snes-FSU, premier syndicat national de l’enseignement,  (et le SNEP FSU… oubli des journalistes…) faisait sa rentrée dans l’Aude.

“On attendait quelques jours pour voir les premières répercussions des réformes mises en place par la précédente majorité”, précise Philippe Dechaud, secrétaire départemental. Et le constat est clair : “Ce qu’on craignait est arrivé.”

Premier point qui alerte le syndicat : un nombre important de classes reste sans enseignant. “Au niveau académique et dans le second degré, 160 à 170 postes ne sont pas pourvus par des personnels titulaires, précise Philippe Dechaud. À ce jour, on a des horaires qui ne sont tout simplement pas dispensés.”.

Dans le département de l’Aude, le chiffre atteindrait 384 heures, selon le Snes-FSU. Et l’augmentation du nombre de postes non pourvus par rapport à l’an dernier serait de l’ordre de 40 %.

“Le vivier s’appauvrit”

Dans la pratique, les effectifs présents souffrent aussi : “Quelques jours après la rentrée, les services sont déjà en difficulté.”

Pour Philippe Dechaud, la raison est simple : “D’un côté, on baisse le nombre de postes, et de l’autre on a du mal à recruter.” Car le professeur d’EPS se demande “s’il n’y a pas pénurie des contractuels”. En cause ? “Les étudiants ne se tournent plus vers la formation d’enseignant, et ça se retrouve sur le terrain : le vivier s’appauvrit.”

Second point noir de cette rentrée 2012 : le sureffectif. “La pression est plus forte que les autres années”, s’inquiète Philippe Dechaud.

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